Bulgarian Society for Eighteenth-Century Studies

Interdisciplinary Conference 'Money, Words, Memory' (3-4 April 2003)

in Bulgarian

Raïa Zaïmova

La memoire de l’Europe: le cas bulgare

Summary

 

En général, les Bulgares connaissent leur histoire d’après et surtout les sources étrangères. Après les invasions ottomanes et la désorganisation des Etats balkaniques, l’Europe occidentale fait ses premiers pas dans l’historiographie moderne grâce au grand nombre de manuscrits apportés des Balkans. Ainsi, l’histoire bulgare du Moyen Age apparaît dans les écrits occidentaux.

L’auteur s’arrête sur les encyclopédies du XVIIIe s., publiées en France, qui renferment des témoignages de l’histoire bulgare. Y sont présentés trois sujets principaux: l’histoire des Bulgares de la Volga, demeurés voisins des Russes; celle des Bulgares du Danube et des Balkans (à partir du VIIe s.) et celle des Bulgares hérétiques (c.à.d. les Bogomiles).

L’analyse montre que les encyclopédistes (Herbelot-Galland, Moréri-Goujet, Diderot-D’Alembert) n’interprétaient pas l’histoire bulgare à la manière de leurs prédécesseurs humanistes qui soulignaient le triomphe de la foi chrétienne sur le paganisme, les hérésies et l’islam. Au XVIIIe s. on expose uniquement les faits historiques et la parenté entre les Bulgares de la Volga et les Bulgares du Danube. Par contre, on se rend compte que les Bulgares de l’actuelle région danubienne et balkanique ont complètement oublié leurs compatriotes musulmans qui ne se sont pas déplacés vers le Danube à l’époque et sont demeurés sous le pouvoir de la Russie (XVIe s.), opprimés par les régimes despotiques et totalitaires lors des siècles. Pourtant, ceux de la Volga – malgré les vicissitudes de leur fortune – ont la “mémoire” pour la “mère” Bulgare. L’explication de ce phénomène porte sur le fait que les Bulgares du Danube ont cherché et continuent à chercher leur identité (à la manière de Paissij) dans la “grande famille slave” en négligeant sciemment tout ce qui est islamique ou touche à une civilisation non-européenne. Cette “manque” de mémoire chez les Bulgares du Danube diffère sensiblement de celle de leurs voisins grecs où terre natale et diaspora sont étroitement liées et l’Europe joue un rôle important dans la recherche de leur identité nationale.

 

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