Bulgarian Society for Eighteenth-Century Studies

Interdisciplinary Conference 'Money, Words, Memory' (3-4 April 2003)

in Bulgarian

Nadia Danova

Ah! Argent maudit! Ou la biographie de "Mirozrenie" en chiffres

Summary

 

Dans cette recherche l’auteur entreprend de réunir et de commenter les données liées à la vie quotidienne de la revue “Mirozrenie”, éditée à Vienne par Ivan Dobrovski en 1850-1851. La principale source d’information est le carnet personnel de Dobrovski ou le journal que celui-ci tenait durant son séjour dans la capitale autrichienne. Ce carnet nous renseigne sur ses frais d’hôtel, d’habillement et de nourriture, sur les dépenses faites par Dobrovski pour l’achat de livres, ainsi que sur les sommes dépensées pour l’édition et la diffusion du “Mirozrenie”. Malheureusement, nous ne disposons pas des contrats de Dobrovski avec l’Ordre des Mechitaristes, dans l’imprimerie desquels il faisait imprimer sa revue. D’après les données dont nous disposons, nous pouvons faire le calcul approximatif concernant le tirage et la diffusion de la revue, le coût de l’impression et le prix de vente. La conclusion qui s’impose est que le rôle de la souscription en tant que principal facteur pour la réalisation des publications bulgares de la période du Réveil national, n’est pas valide pour cette édition périodique et que pour que sa réalisation fût possible, seul un patriote pouvait prendre le risque d’investir une grande somme dans cette revue. Il n’est pas du tout question de bénéfice pour l’éditeur et on ne peut pas dire que l’activité des premiers journalistes bulgares fût une affaire lucrative.

Bien que fragmentaires, les données publiées témoignent des divergences par rapport aux frais d’impression dans les différents centres, utilisés par les Bulgares à cette époque. Dans une certaine mesure, ces divergences pourraient nous aider à expliquer la géographie de l’activité d’édition des Bulgares dans ces décennies décisives. Ce qui nous frappe, c’est qu’il était plus avantageux de faire imprimer à Constantinople, mais cette activité se réalisait sous le contrôle d’une censure triple, exercée de la part de la Porte, du Patriarcat de Constantinople et de la Commission ecclésiastique. En d’autres termes, les données publiées permettent de faire des observations sur le rôle de l’argent en tant qu’obstacle à une éventuelle manifestation de radicalisme et de libre pensée de la part des Bulgares qui s’occupaient de la presse durant la période considérée.

 

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