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Nadia Danova
Ah! Argent maudit! Ou la biographie de "Mirozrenie" en chiffres
Summary
Dans cette recherche l’auteur entreprend de réunir et
de commenter les données liées à la vie quotidienne de la revue
“Mirozrenie”, éditée à Vienne par Ivan Dobrovski en 1850-1851. La
principale source d’information est le carnet personnel de Dobrovski
ou le journal que celui-ci tenait durant son séjour dans la capitale
autrichienne. Ce carnet nous renseigne sur ses frais d’hôtel, d’habillement
et de nourriture, sur les dépenses faites par Dobrovski pour l’achat
de livres, ainsi que sur les sommes dépensées pour l’édition et
la diffusion du “Mirozrenie”. Malheureusement, nous ne disposons
pas des contrats de Dobrovski avec l’Ordre des Mechitaristes, dans
l’imprimerie desquels il faisait imprimer sa revue. D’après les
données dont nous disposons, nous pouvons faire le calcul approximatif
concernant le tirage et la diffusion de la revue, le coût de l’impression
et le prix de vente. La conclusion qui s’impose est que le rôle
de la souscription en tant que principal facteur pour la réalisation
des publications bulgares de la période du Réveil national, n’est
pas valide pour cette édition périodique et que pour que sa réalisation
fût possible, seul un patriote pouvait prendre le risque d’investir
une grande somme dans cette revue. Il n’est pas du tout question
de bénéfice pour l’éditeur et on ne peut pas dire que l’activité
des premiers journalistes bulgares fût une affaire lucrative.
Bien que fragmentaires, les données publiées témoignent
des divergences par rapport aux frais d’impression dans les différents
centres, utilisés par les Bulgares à cette époque. Dans une certaine
mesure, ces divergences pourraient nous aider à expliquer la géographie
de l’activité d’édition des Bulgares dans ces décennies décisives.
Ce qui nous frappe, c’est qu’il était plus avantageux de faire imprimer
à Constantinople, mais cette activité se réalisait sous le contrôle
d’une censure triple, exercée de la part de la Porte, du Patriarcat
de Constantinople et de la Commission ecclésiastique. En d’autres
termes, les données publiées permettent de faire des observations
sur le rôle de l’argent en tant qu’obstacle à une éventuelle manifestation
de radicalisme et de libre pensée de la part des Bulgares qui s’occupaient
de la presse durant la période considérée.
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